Dans un an jour pour jour, la France débutera «son» grand défi d’être championne du monde chez elle face à l’Argentine, au Stade de France. Une enceinte où tous gardent en mémoire le sacre des footeux, un fameux jour de gloire de juillet où le Coq se jouait du mythe brésilien (3-0) avec maestria. Un exploit qui inévitablement ne peut que donner des idées à Pelous et compagnie, qui se verraient bien vaincre l’ogre All Black en finale. Ou pourquoi pas la perfide Albion, détentrice du trophée et tombeuse des Tricolores en demi-finale il y a quatre ans pour une revanche qui ne manquerait pas de sel le 20 octobre dans l’écrin dionysien. En tout cas, dans un entretien accordé au supplément sport du Figaro, Bernard Lapasset, le président de la Fédération, n’envisage rien d’autre qu’une victoire finale : Il n’y a qu’un maximum ! Il faudra être au-dessus de tout. Nous serons tous déçus si le XV de France ne remporte pas cette Coupe du Monde… Mais à un an du coup d’envoi face aux Gauchos, l’enjeu sportif demeure pour l’instant moins important que le versant organisationnel, sur lequel Lapasset estime que «le pari n’est pas loin d’être gagné.»
Le succès de la billetterie
Premier enjeu de taille, la billetterie. Sur une épreuve aussi longue qu’une Coupe du Monde de rugby, avec une ouverture vers les petites nations donnant naissance à des rencontres pour le moins déséquilibrées où, contrairement à d’autres sports collectifs, le miracle n’est guère envisageable, la crainte était forte d’assister à un premier tour avec des stades au public très clairsemé. Mais avec déjà un million de billets écoulés, le premier bilan est plus que positif, surtout que, comme le rappelait Lapasset, «s’il reste 1,4 million de places à vendre, il s’agit surtout des matches de prestige : les grosses affiches du premier tour, les quarts de finale, les demies et la finale.» Une bonne nouvelle qui ne surprendra personne lorsqu’on voit l’engouement déclenché par les rencontres du Stade Français à Saint-Denis, comme celle contre Biarritz qui n’aura guère tardé à faire le plein. Certes, le tarif du billet entre un sommet du Top 14 et un sommet mondialiste n’est pas vraiment le même, surtout que Max Guazzini est passé par là. Mais tout de même, les signaux s’annonçaient au vert pour une épreuve que la France avait accueillie conjointement avec le Royaume-Uni en 1999. D’autant plus que Lapasset confie qu’en «France, en Angleterre et en Australie, nous avons dû suspendre la vente des packs (NDLR : qui pour la première fois n’étaient pas uniquement réservés à des habitants du pays hôte) car les quotas de places allouées étaient épuisés. Nous devions garder des billets pour la dernière phase de vente, celle à l’unité, qui débutera le jeudi 9 novembre.»
Bye-bye le déficit ?
La réussite de la billetterie éloigne donc en grande partie les craintes suscitées par un budget dont on imaginait mal, dans un premier temps, qu’il puisse déboucher sur autre chose qu’un déficit. Mais là aussi, le temps des inquiétudes a visiblement laissé place à l’optimisme. Pas complètement béat non plus, juste raisonnable à écouter le président de la Fédération : «C’en est terminé du risque d’un cataclysme financier. Aujourd’hui, on prévoit même un profit net de 5 millions d’euros. Mais il demeure encore beaucoup d’inconnues, comme le coût des éléments techniques, de l’informatique, de la sécurité. Il convient donc d’être vigilant et prudent avant cette dernière année.» Une attitude de rigueur pour s’éviter toute mauvaise surprise, mais qui cache mal la satisfaction de Lapasset, bien conscient d’avoir surmonté des obstacles d’importance. Ce qui lui valait, à lui et au comité d'organisation, les félicitations appuyées de Syd Millar, le président de l'IRB en visite à paris ce mardi : «Je félicite la Fédération Française de Rugby et le Comité d’organisation pour le record historique de vente de billets. Le millionième billet a été vendu la semaine dernière. Nous sommes bien avancés concernant la logistique. C’est un événement haut en couleur dans l’histoire du rugby. La Coupe du Monde sera une plate forme financière pour assurer la promotion de notre sport et permettra de jouer un rugby de haut niveau. Je suis impatient d’être en France dans un an pour cet événement.» Et comme un symbole, les All Blacks ont perdu le week-end dernier contre les Springboks lors du Tri-Nations, ce qui met un terme à leur série de 15 victoires d’affilée. Alors si même les Néo-Zélandais ne sont plus invincibles, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait venir gâcher la grande fête qui s’annonce dans un an. Une fête bleu-blanc-rouge ?



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