De notre envoyé spécial à Dublin
Le réveil est matinal. La mine peu aguicheuse. Le temps maussade, et le froid transperce la peau. Peu de raisons objectives de se réjouir d'être déjà en éveil à 6h45 ce samedi 10 février. La suite vaut pourtant de brusquer le lève-tard que je suis. Rendez-vous à 7H45 à Orly-Ouest pour embarquer dans l'avion spécialement affrété par Air France pour les Bleus en direction de Dublin. Comme cadre de voyage, on a déjà fait pire. Champagne et foie gras dès 10h du mat', ça vous paraît tôt ? Bof, on s'y fait rapidement. Le journalisme, de toute façon c'est une question d'adaptation.
Pour le temps, c'est autre chose. Passer en une semaine des rayons printaniers de Rome aux frimas hivernaux de Dublin, c'est moins évident. Mais bon pas le temps de consulter les prévisions de la Catherine Laborde locale, je me mets en quête de ma précieuse accréd' jusqu'ici refusée par la Fédé irlandaise. Une demande d'assistance au représentant du syndicat des journalistes ? Retour illico dans mes 22 du genre «Internet, c'est pas mon problème, moi je m'occupe de la presse écrite». Une tentative désespérée au siège de l'IRFU ? «Désolé nos locaux ne sont pas ouverts le week-end même durant le Tournoi». Qui a dit que la France était le pays des fonctionnaires ? Il me reste à implorer mon fidèle agent de voyage, Patrick. Mon sherpa dublinois fait chauffer son téléphone pour essayer de me faire rentrer dans ce magnifique stade qui se refuse à moi. «On en saura plus dimanche dans la matinée».
En attendant, je vais me plier aux coutumes locales. Direction Temple Bar et ses pubs bondés. Une Guinness (pour faire original) à la main, je regarde, les yeux demi-clos, la deuxième mi-temps du soporifique Ecosse-Galles. Cette bonne brune avalée, retour à l'hôtel. Le taximan me narre le contexte historique de ce match et me prévient que demain ça promet d'être un match super chaud. Décidemment faut vraiment que j'y rentre dans ce Croke Park. En force s'il le faut !


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